Qu’est ce que je foutais là ? Bordel mais qu’est ce que je
suis allé foutre dans une soirée de blogueurs ? Sur le coup ça me paraissait une bonne idée. Les observer,
les regarder s’échanger des cartes de visites, comparer leur réseau, se vanter de leur nombre de visites. Quelle bande de cons.
Bon au début tout se passait bien. Je m’étais mis au bar à l’écart des discussions et des gens. Se fondre dans la masse. J’avais
Damdam en vue. Il discutait avec un autre type. Un blogueur. Un mec que je connaissais pour l’avoir mis sur ma death-list. Un fan de série. Je les
regardais tous les deux et je me voyais leur faire du mal. Eric, le fan de série, m’inspirait beaucoup. Une mort en forme de clin d’œil. Je sais qu’il adore
Heores, alors je me voyais le tuer façon Sylar. Mais merde, quand on n’a pas de super-pouvoir c’est un peu plus tendu. Je me suis passé toutes les étapes en revue : d’abord percer avec un
foret des trous dans le crâne à intervalles réguliers. Proprement, sans toucher le cerveau. Puis, à l’aide d’une scie circulaire tronçonner les segments créés précédemment. Cette méthode permet
de répartir les efforts à la coupe et de faire un travail bien propre. Ensuite, dégager la calotte ainsi créée. J’aurais normalement alors une vue imprenable sur son cerveau. Le problème
c’est : que faire ensuite ? Je n’ai pas la faculté de prendre leurs aptitudes aux gens comme Sylar, ni la connaissance suffisante pour m’amuser avec ma victime à l’instar d’un Hannibal
Lecter. Du coup aucun intérêt. Je préfère ma méthode.
Ce que je n’aime pas
dans les boîtes et dans les bars en général, c’est qu’ils foutent toujours dix fois trop de glace dans leurs boissons. Un : si tu descends pas ton verre dans les cinq minutes ton cocktail a
un goût de flotte ; deux : ça nique les dents. Et j’ai les dents super sensibles. Voilà ce que je me
disais quand l’inattendu s’est produit. Je contemplais ma Margarita en maudissant cette putain de glace pilée, quand on m’a bousculé et que la moitié de mon verre a fini sur mon jean. Alors que
je me retourne un flash me traverse l’esprit et je me vois planter quelqu’un. Mais non, je ne fais rien sinon rester comme un con devant la personne en face de moi. Un mètre soixante cinq, des
cheveux châtains légèrement ondulés, et un sourire qui se transforme en moue quand elle voit l’état de mon pantalon : c’était Zaza.
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