Vendredi 15 juin 2007
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Il fait partie de ceux que je devrais me garder pour la fin mais je n’ai pas la patience d’attendre. Je ne sais d’ailleurs pas s’il me reste beaucoup
de temps pour mener au mieux ma tâche.
Il en fait partie. Il se répand sur d’innombrables blogs. Il crée des
outils pour que ses semblables exhibent leurs pensées intimes, leurs inintéressantes réflexions pompées chez le voisin. Pire. Il est de ceux qui permettent aux Marques d’étendre leurs filets. Et
les pauvres blogueurs de base de le considérer comme un des leurs.
C’est un influent.
Je l’avais dans ma liste depuis le début. Qu’est ce qui a accéléré les choses ?
Je cherchais des informations personnelles sur mes victimes potentielles sur Twitter. Encore un de
leurs nouveaux gadgets. Mais pour moi, il a une réelle utilité. Je peux suivre anonymement les conversations de plusieurs blogueurs afin de répertorier leurs habitudes, d’avoir des informations
sur ce qu’ils sont en train de faire. Et quand j’ai appris que Damdam planifiait une partouze mercantile de blogueurs, je me suis dit que c’était
l’occasion d’agir.
Il me reste un peu de temps encore pour me préparer. J’aime bien l’attendre près de
l’agence, le guetter, l’observer, le suivre. Puis disparaître soudainement, comme une ombre.
Casquette vissée
sur la tête, les mains dans la poche kangourou de mon hoody, je traîne quelques mètres derrière lui. Souvent mes pensées m’échappent et j’ai comme des flashs. Je me vois lui ouvrir le ventre. Ou
l’égorger. Ou d’autres trucs dans le style. J’ai de plus en plus des idées comme ça qui me traversent l’esprit. Je ressens dans ces moments un grand besoin de passage à l’acte. C’est le même
genre de sensation que lorsque je me dis « Il fait chaud. Je boirais bien un coke light ». Tant que je n’ai pas mon coke light, l’idée ne me quitte pas, je pense qu’à ça, je peux même
en sentir le goût et la fraîcheur dans ma bouche. Une envie de tuer c’est pareil. Sauf que je me risquerai pas à assouvir une pulsion comme ça. Je peux pas me permettre.
Le cerveau est bizarre, c’est plein de petites vannes qu’on ouvre et qu’on ferme et certaines quand elles sont ouvertes ne se
referment pas. C’est déjà ce que j’avais ressenti quand j’avais commencé à écrire ce journal. Ouais, sauf que la vanne que j’ai ouverte en commençant à buter des blogueurs ne laissait couler
qu’un filet. Et que petit à petit le débit augmente.
Par 114117
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