Quand je suis rentré dans le garage, j’ai dit à Jen que je lui avais amené un nouveau copain. J’ai vu qu’elle devait avoir peur qu’il soit mort parce
quelle s’est encore mise à pleurer. Décidément cette jeune fille est très émotive…je l’ai rassurée en lui disant que je lui avais administré une bonne dose de somnifère et qu’il était
vivant (c’est pas que je sois gentil, mais ça me saoule quand elle fait sa pisseuse à toujours chialer). Le
pistolet électrique c’est bien, mais il faut le combiner avec autre chose pour être tranquille plus longtemps (surtout avec un gaillard comme lui). Et puis les batteries se vident trop vite,
c’est deux heures de charge derrière. J’ai attaché Sael sur une chaise avec de l’adhésif renforcé, nourri Jen et vidé ses excréments. J’ai aménagé un peu la pièce pour garder Jen dans un état convenable. Je pensais pas la garder si longtemps, et j’ai besoin
qu’elle ait un peu d’autonomie dans le cas où je peux pas passer de la journée. J’ai pas envie de faire comme avec ces vieux dont on est obligé de torcher le cul. Non, je pense pas que ce soit le
meilleur moyen d’entretenir des bonnes relations avec Jen.
Donc j’ai fixé des anneaux au mur dans lesquels passe une chaîne que j’ai attachée à Jen. Sur le mur adjacent, j’ai mis un
mousqueton de sorte à pouvoir ajuster la longueur en y accrochant un maillon, et même immobiliser la petite en tirant à fond sur le lien. Comme ça elle peut se nourrir elle-même, faire ses
besoins dans une bassine et s’allonger sur le matelas tout ça sous maîtrise totale de ma part.
Elle est là depuis quelques jours maintenant et en quelque sorte elle s’est habituée à moi.
Elle ne sanglote plus quand je rentre, ne cherche plus à me frapper quand je l’approche pour lui remettre son bâillon et me dit même merci quand je lui apporte de la bouffe. Il semble qu’elle
apprécie ma présence qui doit rompre ses longues heures de solitude dans le noir. Je ne suis pas très surpris. J’ai entendu parler du syndrome de Stockholm où les otages finissent par éprouver de
la sympathie pour leurs geôliers.
Je me suis adossé contre la porte du garage et Jen a noté ce changement d’attitude, m’accordant du regard toute son attention. C’est vrai qu’en général je ne m’attarde pas,
j’entre je sors. Je lui ai alors récité le monologue que j’avais mentalement répété. Je lui ai expliqué que
toute personne dans sa vie se retrouve un jour face à un choix très difficile. Un choix qui modifie le cours de sa vie et sa façon d’envisager le monde. Je lui ai demandé à quel point elle avait
envie de vivre. J’ai vu quelque chose dans ses yeux mais je ne sais pas si c’était de l’espoir ou de la terreur. En tous cas elle s’est remise à pleurer en me priant de ne pas lui faire de mal
qu’elle ferait tout ce que je voudrais qu’elle ne dirait rien à personne si je la laissais partir. Je l’ai giflée et elle a cessé instantanément. Elle sait pourtant que ça ne sert à rien de faire
ça. Je lui ai pris la tête entre mes mains. Et je lui ai parlé doucement pour qu’elle m’écoute attentivement. Je lui ai expliqué que je lui offrais une occasion unique de me prouver son
attachement à la vie. Qu’après elle pourrait retrouver sa famille et ses amis. Mais que ce serait dur…très dur.
Elle m’a regardé et elle m’a répondu qu’elle ferait tout ce que je voudrais. Je me suis
contenté de sourire et je suis parti.
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