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Mercredi 23 mai 2007
Voilà plusieurs jours que je tourne toutes les possibilités dans ma tête. Ca me fait du bien. Avoir un but ça change la vie. Je suis remonté à bloc. J’ai l’impression d’être une gazinière dont on aurait soufflé la flamme. Faudrait qu’une étincelle pour j’explose. Mais ça, personne le voit. Enfin si. J’étais tellement de bonne humeur ce matin, que je crois que les connards du bureau ont senti un changement. Y en a un qu’a fait une réflexion que j’ai pas entendue. Du moins que j’ai pas relevée parce que pour une fois j’en avais rien à foutre. D’autres choses en tête…

Ouais, je suis bien décidé à faire crever quelques uns de ces connards. Et à part un sentiment d’euphorie, qu’est ce que ça génère en moi ? Rien. Faut croire que la morale judéo-chrétienne n’aura pas exercé une pression suffisante sur moi. Rien. Juste de la détermination.

Je révise chaque détail. Bien décidé à les faire crever, mais pas encore à me faire choper. Et si je me fais choper, ben… j’aurais plus qu’à me couper les veines ou me faire sauter le caisson. Je prends le risque.

Je me suis fait une check-list des points à régler :

1-    Identifier un blogueur. Les inconnus ne m’intéressent pas. Ils sont encore innocents pour la plupart. Si j’en prends un trop connu j’aurais du mal à l’approcher et puis sa disparition fera du bruit, on ne tardera pas à découvrir ce qui s’est passé et les autres vont devenir méfiants. Commencer d’abord par un de ceux qui sont sur la phase ascendante. C’est un peu comme tuer un poussin dans l’œuf hein ? Hé hé.

2-    L’attirer. L’égo. Le prétexte, une interview. Flatter leur égo. Quel blogueur digne de ce nom refuserait une exposition médiatique ? Etre un pigiste pour un magazine qui consacre un article aux blogueurs. Proposer un endroit isolé et calme pour des prises de vue originale. Se méfiera pas. Pas se trahir avec des conneries de détails.
 
3-    Le faire payer. Ca j’y ai pas encore trop réfléchi. Comment je vais m’y prendre ? Oublier tout de suite les armes à feu : trop bruyant, trop facile de se faire prendre, un truc de lâche. Etranglement, arme blanche ? Faudra que je me décide. Puis que je regarde sur internet comment faire pour pas que le mec s’en sorte.

Je réfléchis à tous les petits détails, je prends des notes. Ca m’occupe l’esprit et ça me calme. D’ailleurs, faudra que je sois calme. Putain, je peux me pas me permettre de perdre mon sang froid. Faut pas qu’il se doute de quelque chose et que je commette des erreurs parce que j’ai paniqué. Ne rien laisser paraître. Tout prévoir, affiner mon plan. Tout doit être parfait. J’ai suffisamment vu Les Experts pour savoir que ce sont les détails qui vous trahissent.

Je prends le contrôle. Je maîtrise. La renaissance est proche.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
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Lundi 21 mai 2007
Il aura pas fallu longtemps pour recevoir une réponse de cette petite garce.

« Bonjour. Merci de t’intéresser à mon blog. J’ai pas tout compris à ton mail, je crois que tu te trompes sur moi. Ce sera pas possible de se rencontrer. Continue à me lire. Zaza »

Je me livre, je lui fais confiance et c’est tout ce que j’ai en retour ? C’EST TOUT CE QUE J’AI EN RETOUR ??? Est-ce qu’elle a conscience du temps que je lui ai consacré : des heures à la lire, à regarder ses photos, à chercher dans les moindres recoins du net des informations sur elle ??? Elle ne sait même pas ce que je pourrais faire pour elle, ce que je suis prêt à lui donner. Elle claque la porte tout simplement. J’ai lu, relu et relu mille fois ces 35 mots sans y trouver le moindre espoir qu’elle puisse s’intéresser à moi. Pas la moindre invitation, pas la moindre main tendue. Pas la moindre considération pour moi.
Fait chier ! Egoïste, égoïste, égoïste. Ah le con, je me suis bien fait avoir pas différente des autres et leur putain d’égo. Se croit permise de jouer avec moi comme ça. Doit bien être contente de son coup là doit bien rire. Alors on se sent mieux à humilier les gens mademoiselle ZAZA ! ? Facile pour elle de me rabaisser comme ça. Ha ha je l’imagine avec ses copines leur montrant mon mail, riant de mes sentiments. Putain, je suis en colère mal à la tête larmes aux yeux. Elle m’a trahi j’aurais pas du lui faire confiance. Je lui faisais confiance, je lui faisais CONFIANCE.

Elle n’est pas différente des autres. ELLE n’est pas différente d’EUX. ELLE aussi elle se croit au-dessus de tout le monde avec son blog ! ELLE aussi elle croit valoir mieux que moi. Putain de blogueuse, ça va pas se passer comme ça, ils vont bien voir qu’on se fout pas de ma gueule comme ça. Ah ouais, ils croient que je suis qui ? J’en ai marre de la fermer de toujours me taire de prendre les coups sans rien dire. C’est fini tout ça. C’est fini, on va bien voir qui va rire.

Ouais on va bien voir.
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Mercredi 16 mai 2007
Je pourrais me contenter de les éviter mais je n’y parviens pas. Je clique sur les liens et je continue de lire tous ces blogs. Ceux que je lis le plus sont ceux que je déteste le plus. Toutes leurs notes sont empruntes d’une arrogance infinie. Ils prétendent donner un avis mais se comportent comme des juges. Ils se prennent pour une élite, une caste supérieure : « le grand public » est pour eux un ramassis d’ignorants qui ne savent pas quel pouvoir leur confère la diffusion de leurs « idées » à grande échelle. Ils se complaisent dans cet univers qu’ils construisent à leur image, s’auto-congratulent dans des partouses intellectuelles qu’ils appellent « soirées blogueurs », se masturbent devant le classement de leur blog, font la pute pour les marques, s’unissent dans des relations consanguines dans leurs blogrolls croisées. Ils pèchent par orgueil, se prennent pour des idoles et comptent leurs fidèles dans les lignes de commentaires.

Je devrais arrêter de les lire, mais je n’y parviens pas. Parce que la colère monte. La piqûre de cette aiguille me serre le cœur, brouille ma vue et écrase ma poitrine. La colère me fait mal. La colère me fait du bien. Elle bouillonne dans mes veines, je me shoote à ce sentiment si fort qui donne du corps à mon existence. J’imagine le plaisir que ça doit être de ne pas avoir à la retenir. La force qu’elle me donnerait. Oh, oui me laisser aller à elle pour une fois. La descente, la paix. Car elle n’attend qu’une chose : exploser.

Et là parfois j’imagine combien il serait facile de punir ces blogueurs. Les sortir de leur petite zone de confort, de les mettre face à ma colère, de les confronter à la réalité de leur misérable condition.

Ils ne sont que tas de sable et je suis le vent.
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Mardi 15 mai 2007
Aujourd’hui elle aurait 29 ans. Je suis sûr qu’elle lui ressemblerait. Sarah avait de longs cheveux châtains ondulés. Elle avait des yeux clairs et passait son temps à rire. C’est à peu près la seule image que je garde d’elle. Ouais, c’est le mystère du cerveau humain. Son visage c’est peut être la seule chose dont j’aimerais me souvenir, et j’effacerais bien le reste.
J’en suis pas moins certain qu’elle ressemblerait à Zaza aujourd’hui. Mêmes cheveux et toujours ce sourire aux lèvres.
Je crois qu’écrire a réellement un peu ouvert la vanne. Parce que l’autre nuit, j’ai rêvé du jour de l’accident et ça n’était pas arrivé depuis longtemps. C’était un peu comme dans un film, je voyais la scène de l’extérieur sans pouvoir intervenir. Sauf qu’il n’y avait pas de temps, juste des scènes mises bout à bout, parfois avec du son, parfois sans. Quand je me suis réveillé le rêve était encore présent, et j’avais la nausée. Parce que putain, même si c’est un rêve, c’est bien arrivé.

On a 9 ans. Sarah et moi jouons devant chez mes parents. Mon père doit être dans le jardin et ma mère à l’intérieur. Sarah me dit en rigolant qu’elle sait un secret sur moi. Je lui demande de me le dire mais elle rit encore. J’insiste. Elle rit. J’insiste. Elle n’y tient plus : mon père n’est pas mon père ma mère est une trainée  je n’ai pas de père ou plutôt tout le village pourrait être mon père parce que ma mère est une traînée c’est faux je lui dis de se taire mais si c’est vrai elle a entendu ses parents le dire mais je ne dois pas le répéter c’est un secret elle a promis de ne pas le dire sinon ses parents vont la tuer. Mais c’est moi qui la tue parce qu’elle rigole encore et que je lui crie de se taire et qu’il y a cette pierre à côté de moi et je veux qu’elle arrête et je prends la pierre et de toutes mes forces je lui jette au visage pour qu’elle se taise.
Et elle arrête de rire. Elle tombe. Il y a du sang sur ses cheveux et sur son visage aussi. Elle ne rit plus du tout.
Et je vois mon père qui arrive en criant. Plus de son. Je reste debout sans pouvoir bouger. J’ai juste cette même impression qu’avec notre chat, cette certitude qu’on ne jouera plus ensemble. Mon père la prend dans ses bras et me dit de rentrer.
Je n’ai jamais revu Sarah. Sauf quelques jours après, au journal télévisé où ils ont diffusé sa photo. C’était celle que le photographe qui passait chaque année à l’école avait prise.
Je n’ai jamais revu mon père non plus. Un jour les gendarmes sont passés à la maison, ils ont arrêté mon père. Avec maman on a déménagé. A cause des gens. Parce que les gens parlent. Car j’étais le fils de personne mais Personne était un assassin. 

Ca fera 20 ans aujourd’hui. Et il y a prescription.
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Lundi 14 mai 2007

Lire Zaza, la découvrir à travers ses mots, imaginer sa vie, sa voix, ça n’était plus suffisant.
Le blog donne l’illusion d’une "vraie" proximité avec son auteur. On est presque dans sa tête. Il faut que cela cesse. Car je commence à fantasmer un personnage qu’elle n’est sûrement pas. Mais je ne peux me résoudre à couper le lien qui commence à me lier à elle.

J’ai pris mon temps, j’ai rassemblé mes pensées et je lui ai écrit. J’ai essayé de lui dire combien nous étions semblables elle et moi.
Je lui ai dit que j’avais perçu qu’elle aussi avait souffert, que je pouvais l’aider, car j’étais passé par là. Je lui ai dit que moi aussi je portais des cicatrices laissées par la vie.
Mais je ne lui ai pas parlé de l’histoire du chat, ni même de l’«accident » avec Sarah. Ce sont des choses que même elle ne pourrait pas comprendre.
Lui écrire, c’était comme écrire ici : une vanne qui s’ouvre, des émotions qui sortent avec une violence incroyable. Sans la colère. Quand je lui écrivais il n’y avait plus de colère.
Y a des gens qui pensent que je n’éprouve pas d’émotions. C’est faux, je suis comme tout le monde. Sauf que la plupart du temps la vanne est fermée.
Je m’égare. Donc, je lui ai écrit un mail et j’ai essayé d’être le plus honnête possible. Je me suis dit, « pourquoi mentir ou cacher ce que tu es, elle le découvrira un jour ». Je lui ai envoyé une photo. C’est important, rien que pour qu’elle voit que je ne suis pas un de ces porcs dégoutants qui se touchent derrière leur écran. J’ai choisi cette photo que ma mère a prise l’été dernier quand je suis allé lui rendre visite. Je crois que c’est l’image que j’ai envie qu’elle ait de moi : je porte un jean, une paire de Converse, et un t-shirt marrant que j’ai acheté sur Internet où on voit un lapin en flammes empalé sur une brochette, en dessous on lit « Barbecute ».
Je crois que c’est l’image que j’ai envie qu’elle ait de moi : celle d’un mec simple et sympa.

J’avoue que depuis que j’ai envoyé le mail, j’ai une boule au fond du ventre.
Je l’ai relu au moins cinq fois pour vérifier que j’avais mis la bonne adresse, fait aucune faute d’orthographe, et surtout choisi les bons mots. Je me demande sans arrêt si j’ai bien fait.

J’ai plus qu’à attendre.

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Dimanche 13 mai 2007

Je vais pas faire de la philosophie de comptoir, mais s’il y a bien une chose dont je suis certain, c’est que si tout part en couille dans cette société, c’est parce que les gens ont un putain de problème d’égo. 

Un jour un mec a dit qu’à un moment tout le monde aurait son quart d’heure de gloire à la télévision. Ca s’est pas arrangé avec un internet. 

J’ai passé plusieurs heures à regarder des vidéos sur YouTube. Des dizaines, des centaines de milliers d’anonymes qui dégueulent un flot continu d’écœurantes manifestations de leur égocentrisme immortalisé par l’œil pervers et complaisant de leur webcam. 

Des centaines de milliers de péquenots prêts à vendre leur âme et leur peu de dignité pour l’immense et incroyable satisfaction d’être LE PLUS reluqué par leurs congénères exhibo-mateurs. 

C’est ça le progrès ? Donner au plus grand nombre les moyens de survaloriser leur égo ? De jeter à la face de son voisin combien on est populaire et influent ? Comme si la valeur d’un individu était proportionnelle au nombre de ses pseudo-amis dans MySpace ? Comme si mon discours avait moins de sens parce que je ne fais pas partie du carré VIP des blogueurs Influents ? 

Faudrait voir à arrêter ces conneries. Je pourrais aussi astiquer le manche de la blogosphère avec du politiquement correct saupoudré d’une illusion d’opinion personnelle. Ca me rendrait légitime et influent. Je préfère écrire avec mes tripes. Je préfère garder la branlette linguistique pour mon boss qui a au moins le mérite de me filer un chèque en fin de mois. 

La voilà la vérité : l’Ego est le nouveau Mal qui à la Reconnaissance substitue le Grotesque.

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Samedi 12 mai 2007

Whatever it is, that girl put a spell on me!
Help me, help me*...

Je kiffe cette Zaza. Elle pourrait faire la pin-up cool du Lundi chez le Darkplanneur.  Elle pourrait, car elle est bien plus classe. Au premier abord, je ne voyais qu’une fille un peu « coconne » sans pudeur qui publie ses états d’âme et ses photos. 

Sauf qu’à la relire encore et encore j’y trouve bien plus que le simple récit de ses journées. 

Cette fille a l’air sensible, elle a l’air d’avoir vécu des trucs moches elle aussi. C'est vrai, elle ne le dit pas. Mais moi aussi j’ai vécu des trucs moches et je peux lire entre les lignes. Je sais comment on exprime ces choses sans mettre de mots dessus. Je peux voir aussi cette mélancolie dans ses yeux, malgré le sourire sur ses lèvres. Et puis elle a cette façon de parler des choses. Quand je la lis, j’ai l’impression qu’elle ne s’adresse qu’à moi. Ca me parle. Mieux, ça me touche. Et croyez moi qu’un truc qui me touche ce n’est pas tous les jours que ça arrive. Ses mots m’atteignent parce qu’il en émane une vraie fraîcheur. Quelque chose de pas calculé, pas d’arrière-pensée. Sans que ce soit pour autant niais ou sans profondeur. Ouais. Parce que comme je le disais, cette fille a du souffrir. Et moi qui n’arrive pas à me détacher de mon cynisme et de mes pensées noires, j’en arrive à l’envier. Parce que je vivrais mieux sans, je me sentirais moins seul si j’arrivais à mettre toutes mes pensées de côté. Je suis sûr que je pourrais parler avec une fille comme ça. Je suis sûr qu’elle pourrait me comprendre. 

Je pense que je pourrais aimer une fille comme ça. 

Putain, j’ai l’impression de faire une auto-analyse, c’est presque flippant.

 
*(Purple Haze – J.Hendrix)

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Vendredi 11 mai 2007
Quand est-ce qu’un truc s’est cassé en moi?
Je ne sais pas, je crois que j’ai toujours été comme ça. Enfin, non, je me rappelle quand j’étais petit, je souriais tout le temps, je riais. Ma mère m’adorait et j’adorais voir son bonheur quand elle me regardait.

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi, »


Ma première confrontation avec la mort c’était avec le petit chat que nous avions. J’avais 7 ans je l’ai retrouvé à deux pas de la maison. Il s’était fait écrasé. Je n’ai pas tout de suite compris ce qui s’était passé. Des chats morts j’en avais vus auparavant, une masse de poils, des organes et du sang sur la route. Mais bon, quand tu roules en voiture, tu ne distingues pas grand-chose. Le notre avait l’air juste un peu plus « plat » que d’habitude. J’avais pris un bâton et l’avait taquiné avec l’extrémité en attendant une réaction. Rien. Je crois qu’au fond de moi j’avais tout de suite compris qu’il était mort mais que je me refusais à l’admettre. Je crois que je lui en voulais de m’abandonner, et je me rappelle que cela m’avait mis dans une rage telle que je me suis mis à lui donner des coups avec le morceau de bois. Quand je me suis calmé je n’avais plus aucun doute sur le fait qu’on nous ne jouerions plus ensemble.

« Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie ? »


Au moins ce blog aura le mérite de me faire prendre conscience des choses…telles qu'elles sont. La mort de Sarah n’est finalement pas si différente de celle de notre chat. Ouais, sauf que quand la pierre a atteint sa tête, elle était encore en vie. C’est ce jour que j’ai découvert Prévert et qu’un truc s’est cassé.

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi, »
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Jeudi 10 mai 2007
Hum, pas un visiteur depuis que j’ai lancé ce blog, donc pas un commentaire. Avec un article, je m’attendais de toute façon pas à mieux. Il aurait vraiment fallu se perdre pour tomber ici. Ca me gêne pas. J’écris pas pour être lu.

Je suis tombé sur le carnet intime d’une fille. D’ailleurs ça fait bien rire qu’on appelle ça un carnet intime alors que tout le monde peut le lire. … Ca fait un an qu’elle raconte sa vie. Et apparemment, il n’y a pas grand monde qui passe chez elle. Tout au plus quelques nanas comme elle qui laissent des commentaires stupides de nanas comme: « Je te comprends trop ! » avec des images animées de papillons ou des étoiles qui brillent… quelle connerie.
J’ai pratiquement tout lu. C’est dingue, cette fille raconte TOUT sur elle. Sa vie professionnelle, ses potes, ses sorties, ses histoires de cœur. Il y a même des photos d’elle. Faut pas être pudique pour déballer sa vie comme ça sur Internet…Elle signe Zaza. Doit s’appeler Isabelle, ou un truc dans le genre.

Je suis aussi allé faire un tour sur Second Life. Un maximum de plans cul à l’intérieur. Un piège à cons. Que de des mecs. C’est pipeau mais ça fait passer le temps.

Puis j’ai cliqué sur des liens. Encore. Pour apprendre que des blogueurs se proclament souverains de la blogosphère…Mais ils vont où ces mecs ? Pour qui se prennent-ils ? Mériteraient une bonne leçon d’humilité ceux-là …Ouais, c’est ça, une bonne leçon façon Columbine. Ou un truc façon Se7en, qui leur donne un bon sujet de faire des notes, et de faire dans leur froc.

Et dans ma vie à moi ? Rien. SI. Un type m’a pris la tête la tête au bureau aujourd’hui. M’a traité de « coinços ». « Je suis pas coinçé, juste que je me mélange pas aux connards comme toi, connard ! ». Ca, c’est ce que j’aurais du lui répondre. Mais j’ai rien dit, comme d’hab. Pas qu’ils me fassent peur, nan, juste que je vois pas l’intérêt de leur accorder plus d’attention qu’ils ne méritent. Ce qui ne veut pas dire que je ne trouverais pas un moyen de me les faire un jour. Que je ne vais pas leur faire bouffer leur Mac à ces branleurs.

Bon, c’est pas tout ça, je dois vérifier que Second Life est bien peuplé que de mecs (on sait jamais), et voir si Zaza a pas quelques nouvelles photos.
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Mercredi 9 mai 2007

Ouais, je devrais ouvrir un peu cette fenêtre, aérer un peu la pièce et peut-être même ouvrir les volets. La vérité, c’est que j’ai la flemme. La même flemme que celle de nettoyer la pile de vaisselle sale qui s’accumule dans l’évier. Ouais. C’est sûr ce serait plus clean. Mais bon, c’est aussi simple de laver un couvert ou une assiette à la fois, et ce n’est pas pour la visite que j’ai dans l’année que ça va choquer quelqu’un. De toute façon ma merde me gêne toujours moins que celle des autres. La propreté c’est une obligation sociale, pas vitale. Et pour ce que j’ai de vie sociale…

Voilà, je commence ce blog et je suis devant la page blanche. Ca à l’air tellement facile quand je lis celui des autres. Ca a l’air de couler tout seul. Et puis je ne sais pas … comment ils font pour raconter autant de choses ? Dans ma vie il ne se passe jamais rien. Est-ce que ça va intéresser quelqu’un le récit de ma pauvre journée ? Bof. J’en doute.

Bon .Par où commencer ? Peut-être par me présenter. Je ne vais pas dire mon nom. Quelle importance ? Ce qu’il y a à retenir, c’est que j’ai passé mon enfance dans une petite ville de province, puis que ma mère et moi on a déménagé pour habiter Paris. J’ai passé mon bac, fait suffisamment d’études pour toucher royalement 200€ de plus que le SMIC. Maintenant je fais un boulot à la con à compiler des données que pas un connard va lire. Je dis connard, mais peut-être que le mot est fort, hein ?
A bien y réfléchir, connard est un mot bien en-dessous de la vérité. Quand je les vois tous ces snobs, avec leurs costards BOSS, leurs pompes italiennes, leurs week-ends, leurs copines, leurs expos… et cette façon de me considérer comme si j’étais une merde.
Ouais. Des connards. Pas envie de leur parler, pas envie de les connaître, ni même envie de respirer le même air puant qu’eux. On partage rien ces mecs là et moi. Rien.

Bref, je parlais de moi. Donc, ouais, logiquement c’est après le travail que je revis. Ou plutôt que je commence à vivre. C’est comme si on enlevait un poids au-dessus ma poitrine.
Chez moi je passe pas mal de temps sur Internet. Personne pour me faire chier et c’est le seul endroit où je pourrais peut-être être quelqu’un un jour. D’une façon ou d’une autre. Même si j’avoue que je suis un peu solitaire, je ne suis pas pour autant ce que les magazines pompeux comme ce torchon de Technikart appellent un geek. Chez moi y a pas l’ombre d’une figurine de Star Wars, tout au plus deux comics, et le seul matos informatique que je possède c’est le portable sur lequel je suis en train d’écrire. Je suis juste un solitaire qui aime cet espace de liberté qu’est Internet. Parce que même un mec comme moi peut décider un matin de balancer à la face du monde ce qu’il a envie de dire. Que ça plaise ou non. Et je vais pas me priver de le faire.
Au fait, 114117, c’est mon pseudo.

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Sauf mention explicite,
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