Publicité

Mardi 17 juillet 2007
J’étais vraiment pas préparé à me trouver devant elle. En quelques millisecondes j’ai étudié toutes les possibilités. En fait ça se réduisait à entrer en contact avec elle ou a faire comme si de rien n’était.

Tout d’un coup, tronçonner le crâne de PRland ou plonger mes mains dans les entrailles de Damdam perdait tout son sens.

Je me suis contenté de sourire. Elle m’a regardé dans les yeux. Une seconde, peut-être deux. Puis elle m’a demandé si on se connaissait. C’est là que tout s’est joué finalement. En répondant non, tout s’arrêtait, elle repartait avec un mot d’excuse pour le verre renversé.

Mais non. Encore une fois j’ai pris la décision de prendre mon destin en main.  J’étais à la croisée des chemins. Merde, tout a commencé avec elle non ?

Je lui ai dit que d’une certaine façon oui on se connaissait. Et je lui ai rappelé le mail que je lui avais envoyé. Elle a eu un petit temps de réflexion. « Oui je me rappelle », elle m’a dit. A ce moment là, je me voyais bien péter le verre sur le bord du comptoir et lui ouvrir la gorge. Contre toute attente, elle s’est excusée de sa réponse, se justifiant de recevoir des dizaines de mails de ce genre et quelle mettait de la distance par rapport à ses lecteurs. « On ne sait jamais si on ne va pas tomber sur un malade ». Avec moi pas de risque ma cocotte, je sais parfaitement ce que je fais, j’ai eu envie de lui dire.

J’avais l’impression de flotter au-dessus de mon corps. J’avais parfaitement confiance d’être en train de discuter avec elle, voire même d’être en train de la séduire et en même temps je planifiais déjà sa mort, que j’imaginais comme une espèce d’apothéose.

Si quelques (trop peu) enfoirés de blogueurs avaient connu le sort qu’ils méritaient, il n’en demeurait pas moins que c’est elle qui avait tout déclenché. Qu’est ce qui me donnerait le plus de plaisir ? Me retrouver la tête entre ses jambes fuselées ou avoir les mains couvertes de son sang ? Pensées érotiques et sanguinaires se mêlaient et m’excitaient au plus haut point. Se doutait-elle de ce qui se passait dans ma tête alors qu’au même moment elle enchaînait les flatteries et que je la regardais droit dans les yeux ? Certainement pas.


FIN DE LA PREMIERE SAISON


En attendant les épisodes de la rentrée, je vous proposerai demain un epsace d'échange sur l'histoire.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 6 commentaires - Recommander
Lundi 25 juin 2007
Qu’est ce que je foutais là ?
Bordel mais qu’est ce que je suis allé foutre dans une soirée de blogueurs ?
Sur le coup ça me paraissait une bonne idée. Les observer, les regarder s’échanger des cartes de visites, comparer leur réseau, se vanter de leur nombre de visites. Quelle bande de cons.

Bon au début tout se passait bien. Je m’étais mis au bar à l’écart des discussions et des gens. Se fondre dans la masse. J’avais Damdam en vue. Il discutait avec un autre type. Un blogueur. Un mec que je connaissais pour l’avoir mis sur ma death-list. Un fan de série. Je les regardais tous les deux et je me voyais leur faire du mal. Eric, le fan de série, m’inspirait beaucoup. Une mort en forme de clin d’œil. Je sais qu’il adore Heores, alors je me voyais le tuer façon Sylar. Mais merde, quand on n’a pas de super-pouvoir c’est un peu plus tendu. Je me suis passé toutes les étapes en revue : d’abord percer avec un foret des trous dans le crâne à intervalles réguliers. Proprement, sans toucher le cerveau. Puis, à l’aide d’une scie circulaire tronçonner les segments créés précédemment. Cette méthode permet de répartir les efforts à la coupe et de faire un travail bien propre. Ensuite, dégager la calotte ainsi créée. J’aurais normalement alors une vue imprenable sur son cerveau. Le problème c’est : que faire ensuite ? Je n’ai pas la faculté de prendre leurs aptitudes aux gens comme Sylar, ni la connaissance suffisante pour m’amuser avec ma victime à l’instar d’un Hannibal Lecter. Du coup aucun intérêt. Je préfère ma méthode.

Ce que je n’aime pas dans les boîtes et dans les bars en général, c’est qu’ils foutent toujours dix fois trop de glace dans leurs boissons. Un : si tu descends pas ton verre dans les cinq minutes ton cocktail a un goût de flotte ; deux : ça nique les dents. Et j’ai les dents super sensibles.
Voilà ce que je me disais quand l’inattendu s’est produit. Je contemplais ma Margarita en maudissant cette putain de glace pilée, quand on m’a bousculé et que la moitié de mon verre a fini sur mon jean. Alors que je me retourne un flash me traverse l’esprit et je me vois planter quelqu’un. Mais non, je ne fais rien sinon rester comme un con devant la personne en face de moi. Un mètre soixante cinq, des cheveux châtains légèrement ondulés, et un sourire qui se transforme en moue quand elle voit l’état de mon pantalon : c’était Zaza.
 
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 8 commentaires - Recommander
Jeudi 21 juin 2007
J’ai dix-neuf ans. Je suis étudiant. Et pour la première fois amoureux.
C’était une de ces filles sur lesquelles on ne flashe pas. Une de ces filles qui s’apprécient avec le temps, avec les moments passés en sa compagnie, qu’on découvre à travers ses confidences. C’était une fille douce, optimiste, qui voyait le bien dans tout. Il est superflu de dire ici qu’elle et moi étions totalement opposés. Et pourtant…
Quoi qu’elle me raconte, ses paroles m’apaisaient, me sortaient de mes pensées noires. Et je pouvais lui parler, lui raconter mes cauchemars, qui maintenant je le sais n’étaient que de simples souvenirs. Parfois il m’est arrivé de pleurer. Elle me prenait simplement dans ses bras, appuyait ma tête contre son épaule et se contentait de dire « Ne t’en fais pas ».
J’ai quelque part une photo d’elle. Une photo floue et à contre jour, qui mobilise toute mon attention pour que je redessine son visage dans ma tête.

Quel que soit l’âge on ne comprend pas ces choses là. Mais quand on a dix neuf ans ça vous marque profondément. On est à fleur de peau, à vif. Aujourd’hui tout serait différent. Au moindre bleu sur un bras, à la moindre suspicion je le viderais comme un porc. Le chômage et l’alcool ne sont pas des raisons. Putain mais comment on peut tuer sa fille à coups de poings ?
Ouais, tout serait différent aujourd’hui.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 19 juin 2007
Jen est morte. Quand je dis « Jen est morte » il ne s’agit bien sûr pas d’une mort naturelle. J’y ai beaucoup contribué.
Elle était devenue un fardeau. Un poids mort. Une croix.
Je n’arrivais plus à me justifier la nécessité de la laisser en vie. Depuis la mort de Sael, elle végétait. Même plus capable de se déplacer jusqu’à la bassine pour faire ses besoins. Elle ne touchait plus à la bouffe. Je suis pas une assistante de vie.
Je l’ai déshabillée, installée sur la chaise, ligotée puis bâillonnée. Aucune réaction. Il n’y a que lorsque ma lame à pénétré la chair de son ventre qu’elle est revenue à elle. Etait-ce le contact froid du métal ou la douleur ?
J’ai pratiqué une belle incision d’un côté du bassin à l’autre. Avec un couteau bien aiguisé ça se fait tout seul. Je suis content de moi, la ligne était presque droite. Avec un peu d’entraînement, je ferai sûrement de très belles choses. Très peu de sang autour, je n’ai coupé que le derme sans toucher aucun organe. Jen s’est évanouie. Dans un « plop !», sous l’effet de la pesanteur, elle s’est retrouvée avec un tablier d’intestins. Marrant.
Mais j’étais pressé, j’avais rendez-vous avec Julie et il fallait nettoyer après. Je lui ai coupé la gorge et me suis débarrassé d’elle une fois vidée.

Au revoir, merci pour tout Jen. Je t’ai tuée sans haine.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 15 juin 2007
Il fait partie de ceux que je devrais me garder pour la fin mais je n’ai pas la patience d’attendre. Je ne sais d’ailleurs pas s’il me reste beaucoup de temps pour mener au mieux ma tâche.
Il en fait partie. Il se répand sur d’innombrables blogs. Il crée des outils pour que ses semblables exhibent leurs pensées intimes, leurs inintéressantes réflexions pompées chez le voisin. Pire. Il est de ceux qui permettent aux Marques d’étendre leurs filets. Et les pauvres blogueurs de base de le considérer comme un des leurs.
C’est un influent.
Je l’avais dans ma liste depuis le début. Qu’est ce qui a accéléré les choses ?

Je cherchais des informations personnelles sur mes victimes potentielles sur Twitter. Encore un de leurs nouveaux gadgets. Mais pour moi, il a une réelle utilité. Je peux suivre anonymement les conversations de plusieurs blogueurs afin de répertorier leurs habitudes, d’avoir des informations sur ce qu’ils sont en train de faire. Et quand j’ai appris que Damdam planifiait une partouze mercantile de blogueurs, je me suis dit que c’était l’occasion d’agir.
Il me reste un peu de temps encore pour me préparer. J’aime bien l’attendre près de l’agence, le guetter, l’observer, le suivre. Puis disparaître soudainement, comme une ombre.
Casquette vissée sur la tête, les mains dans la poche kangourou de mon hoody, je traîne quelques mètres derrière lui. Souvent mes pensées m’échappent et j’ai comme des flashs. Je me vois lui ouvrir le ventre. Ou l’égorger. Ou d’autres trucs dans le style. J’ai de plus en plus des idées comme ça qui me traversent l’esprit. Je ressens dans ces moments un grand besoin de passage à l’acte. C’est le même genre de sensation que lorsque je me dis « Il fait chaud. Je boirais bien un coke light ». Tant que je n’ai pas mon coke light, l’idée ne me quitte pas, je pense qu’à ça, je peux même en sentir le goût et la fraîcheur dans ma bouche. Une envie de tuer c’est pareil. Sauf que je me risquerai pas à assouvir une pulsion comme ça. Je peux pas me permettre.
Le cerveau est bizarre, c’est plein de petites vannes qu’on ouvre et qu’on ferme et certaines quand elles sont ouvertes ne se referment pas. C’est déjà ce que j’avais ressenti quand j’avais commencé à écrire ce journal. Ouais, sauf que la vanne que j’ai ouverte en commençant à buter des blogueurs ne laissait couler qu’un filet. Et que petit à petit le débit augmente.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 13 juin 2007
Comme disait l’autre : quand faut y aller…faut y aller. J’avais pas franchement envie de faire ça, mais j’avais pas trop le choix. Je pouvais pas laisser le corps de Sael comme ça dans le garage. Il allait commencer à se décomposer. Et l’odeur pourrait attirer l’attention d’hypothétiques passants. Jen, elle s’en fout, je crois qu’elle est à moitié partie. Elle réagit plus à rien. Va falloir que je pense à son cas.

Après trois coups de hachoir sur la jambe je me suis rappelé que ça ne servait à rien d’essayer de couper les os. Je sais que c’est con de ma part mais je suis sûr que tout le monde aurait le même premier réflexe. Couper les tendons pour séparer facilement les os, voilà ce qu’il faut faire.

Passé le dégout du premier morceau séparé du corps (ce qui m’a valu de gerber dans la bassine réservée à Jen), je me suis mis sérieusement au travail. Au bout d’une heure, le corps était en 11 tronçons : 2 morceaux du pied au genou, 2 morceaux du genou au haut de la cuisse, 1 morceau pour le bassin jusqu’à la cage thoracique, 1 morceau pour la cage thoracique, 2 morceaux de l’épaule au coude, 2 morceaux du coude à la main, et enfin la tête. J’avoue qu’à deux reprises j’ai encore vomi : quand j’ai séparé le bassin de la poitrine et qu’un paquet d’organe est sorti, et quand j’ai coupé la tête. Je l’avais emballée au préalable parce que j’avais un peu de mal à la regarder.

J’ai fait cramer les organes internes avec les vêtements dans un seau. Les morceaux de corps, je les ai emballés dans des sacs poubelle et scotchés. J’ai récupéré dans une décharge en plein air des vieux morceaux de ferraille que j’ai mis dans chaque sac. Depuis « c’est arrivé près de chez vous » tout le monde sait qu’un corps il faut le lester…

Tout est encore dans le coffre de la bagnole, j’ai prévu de balancer ça à différents endroits de la Seine pendant la nuit.

Je dois dire que si tuer quelqu’un est finalement à la portée de tout le monde, les détails pratiques qui suivent sont moins plaisants. C’est vrai que j’aurais préféré faire cramer le tout. Mais trouver un four qui puisse brûler et les tissus et les os et les dents, c’est pas facile. Le bain d’acide non plus c’est pas une bonne solution. A cause des dégagements toxiques et de l’odeur. Bref, le charcutage reste la solution la plus sûre même si c’est la plus dégueu.

Mais je pense que ce n’est qu’une question d’habitude, bientôt je ferai ça avec autant de désinvolture qu’un boucher : « et avec ceci ma p’tite dame ? ». Ha ha ha…
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 11 juin 2007
Difficile de se remettre au boulot après une telle expérience. Difficile de faire semblant d’être le même que la veille alors que je me revois mentalement mettre fin aux jours de Sael. Je me suis  posé des questions : est-ce que Sael s’est senti mourir ? Quelles étaient ses dernières pensées ? Quand est-ce que Jen a pété les plombs ? Avant ou après avoir enfoncé la lame dans son bide ? Y aura-t-il des tomates farcies à midi ?

Julie n’a pas arrêté de me chauffer par mail. Elle voulait que je passe à nouveau ce soir mais j’ai d’autres plans, des détails pratiques qui ne m’enchantent guère. Remarque je vais peut-être y passer après, ça me détendra. La chair et le sang sont intimement mêlés.

Dans le journal, ils ont parlé de Victor. Une ligne pas plus. Un fait divers, une mort parmi tant d’autres. La veille il était là, le lendemain il n’était plus là. Point. Pas d’écho dans la blogosphère, si ce n’est quelques amis proches qui adressent leurs pensées à sa famille. Je ne m’inquiète pas.

Quand je suis rentré du travail, je suis passé près d’un square. Il y avait des enfants qui jouaient et des mamans qui discutaient. Je me suis arrêté quelques minutes pour les regarder. Scène courante de la vie des « gens ». Une mère qui donne le goûter à son gamin. Un autre qui trébuche et va se refugier dans les jupes maternelles. J’ai essayé de me souvenir de ces moments avec maman, sans y parvenir. Est-ce que je ne m’en souviens plus ou n’ont-ils jamais existé ?

Qu’importe, il y avait des tomates farcies à la cantine et j’adore ça._fck
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 10 juin 2007

J’ai quinze ans. Cet été là, maman avait pu m’envoyer en colonie de vacances grâce aux aides de la mairie. Quinze jours à me faire chier au fond des bois.

 

Les journées se suivaient et se ressemblaient. Invariablement nous nous levions vers 9h, prenions un petit déjeuner en commun fait immanquablement de chocolat au lait (il n’y avait jamais assez de chocolat, ça n’avait donc pas de goût) et de tartines de pain avec de la confiture d’abricot en barquette. Puis douches en commun. Puis activités de plein air, des jeux qui ne coûtent pas chers et auxquels on peut jouer nombreux : épervier, douaniers, etc. Parfois nous avions droit à des jeux nautiques.

 

Tout de suite des groupes se sont formés sans que je puisse m’y intégrer. Pourquoi, je ne sais pas. Autant je comprends quand il s’agit du petit gros qui plante tous les jeux un peu sportifs, ou le noir ou l’arabe parce qu’ils ont entendu leurs pères dirent que ce sont des branleurs. Tous les gamins mettent à l’écart ceux qui sont différents, ils en ont rien à foutre eux du politiquement correct et de la diversité. Moi, même si je leur ressemblais, j’étais différent à leurs yeux. Parce que spontanément je n’allais pas vers eux. Parce que je leur signifiais implicitement : je ne me reconnais pas dans votre groupe. Le prix à payer était l’exclusion, les brimades, les moqueries. Il y avait aussi les blagues dans la nuit quand ils mouillaient mes draps, ou cette nuit quand ils ont décidé de jouer à la chasse à l’homme dans les bois…avec moi dans le rôle du gibier. 20 gamins lancés derrière mois à hurler bâton à la main. Et moi, courant et trébuchant sur les branches.

 

Bien sûr je suis tombé, et il n’a pas fallu longtemps pour que tous me tombent dessus et me cassent la gueule. Une fois qu’ils ont jugé que j’avais eu mon compte ils m’ont laissé là. Quand je suis rentré au dortoir mon lit n’avait plus de matelas et mes affaires étaient éparpillées dans toute la pièce.

 

Je me suis mis sous le lit et j’ai passé la nuit là, espérant que c’était bel et bien fini.

 

C’est à ce moment là que j’ai commencé à mépriser les gens. A réellement haïr tout ce qui touchait à la masse, à la bêtise du groupe, au nombre qui multiplie la bêtise humaine et divise le bon sens. Je savais qu’individuellement ces gamins ne m’auraient rien fait, par peur ou parce qu’ils auraient dû s’exprimer en tant qu’individu et non en groupe.

 

Les nuits suivantes ont pris la même tournure et chaque annonce d’extinction des lumières générait en moi une réelle angoisse. Quelques jours avant la fin des vacances, ils ont recommencé une chasse à l’homme. J’ai couru comme un dératé pour ne pas prendre une rouste comme la dernière fois. J’aurais voulu courir vers les bungalows mais ces petits bâtards faisaient une vraie battue. A bout de souffle, je me suis caché derrière un chêne. J’ai attendu planqué là, dans le noir pendant une ou vingt minutes. Il n’y avait plus aucun bruit désormais sinon parfois un « on va te faire la peau enfoiré de monstre » qui déchirait le silence de la nuit.

 
 

J’ai entendu derrière l’arbre des bruits de pas dans les feuilles mortes. Mon cœur battait tellement fort que j’avais peur qu’il ne trahisse ma présence. Un gars est passé juste à côté de moi. Il a sursauté en me voyant, visiblement surpris. Mon seul réflexe a été de le frapper avec mes poings pour qu’il ne se mette pas à gueuler. Je ne voulais surtout pas que les autres arrivent. Peine perdue. Il s’est immédiatement mis à hurler. Je me suis mis dans un état que je ne me connaissais pas : les larmes ont commencé à couler le long de mes joues, le sang battre mes temps, la chaleur monter à mon visage, les veines de mon cou et de mon front gonfler. J’étais pris de tremblements incontrôlés mais cela ne me gênait nullement pour continuer à le frapper. J’étais assis sur lui, lui assénant des coups de poings au visage. Il me demandait d’arrêter. J’entendais mais je ne pouvais pas m’arrêter. Son nez saignait et sa dent de devant était cassée. Je crois que j’aurais pu le tuer sur place si les autres garçons qui étaient arrivés entre temps n’étaient pas intervenus. Alors qu’ils relevaient leur camarade, les autres me regardaient, perplexes et un peu effrayés. « T’es vraiment un putain de barge » m’a lancé l’un deux. Ils sont partis, le jeu était fini.

 
 

Les deux derniers jours, personne ne m’a adressé la parole. Mais personne ne m’a plus jamais embêté.

 

Quand ma mère est venue me chercher, la directrice du camp l’a prise à part. Mais dans la voiture elle n’a rien dit. Elle s’est contentée de pleurer en silence.

Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 7 juin 2007
J’ai toujours été fasciné par les histoires qui touchent à la survie de l’homme. Plus jeune, je me rappelle avoir lu un reportage dans un magazine qui parlait de ces hommes dans la Cordillère des Andes qui avaient dû se nourrir de la chair des leurs compagnons après un crash aérien. L’un deux racontait comment ils découpaient la chair à travers la neige qui avait recouvert les corps, pour ne pas reconnaître leurs camarades. Jusqu’au jour où il sut qu’il mangeait sa femme grâce au vernis à ongles de la main qui dépassait de la couche de neige.
Des histoires comme celles-ci il y en a des dizaines, plus courantes qu’on ne le croit. Elle démontre la capacité de l’homme à mettre en stand-by ses principes, sa moralité et ses émotions quand il s’agit de sa propre survie. Bien sûr, les plus faibles ne sont pas capables de ce sacrifice, mais logiquement ils meurent les premiers.
Mourir et rester intègre ou vivre avec le fardeau de ses actes, c’est ce que j’avais proposé à Jen. Et malgré le fait que Jen ait été auparavant une fille douce et sortant à peine de la tendresse de l’adolescence, elle avait fait le choix de la vie. Le choix le plus difficile qui soit.
 
J’avais laissé Sael et Jen toute la nuit sans leur bâillon. Je savais que je n’avais rien à craindre. Premièrement parce que le coin est tout à fait désert. Deuxièmement parce que Jen est résignée et qu’elle a l’espoir de survivre, elle sait que ce n’est pas crier qui la sauvera. Et elle ne laissera pas Sael crier et compromettre ses chances de survie.
Pourquoi j’ai fait ça ? Simplement pour qu’ils se parlent. Ce genre de situation crée des liens très forts. Un peu comme ces candidats des émissions de télé-réalité qui pleurent ou rient pour un rien, et qui se sentent comme frères et sœurs après trois jours passés ensemble. Stress, promiscuité, isolement, je comptais sur ces éléments pour créer une relation entre eux.
 
Quand je suis entré dans le garage, ils somnolaient tous les deux mais se sont vite réveillés. Autant les chiens vous font la fête quand vous rentrez à la maison, autant ceux-là se mettent systématiquement à chialer. Ca en serait presque vexant…
 
Sael a commencé à me parler, me dire qu’il ne me connaissait pas, qu’il avait rien fait, qu’il comprenait pas etc. ta ta ta…T’es qui pour te proclamer « diffuseur de tendance » ? T’es qui pour t’ériger en donneur de leçons ? Hein ? Je lui ai remis son bâillon. Ca se passe entre Jen et moi.
 
Je lui ai demandé si elle se rappelait ce dont nous avions parlé hier. Elle m’a dit oui. Je lui ai dit, tu vois ce gars, c’est lui ou c’est toi, sa vie ou la tienne. Si tu veux garder la tienne, prend la sienne. Elle a invoqué Dieu. Comme si Dieu avait quelque chose à voir là-dedans, comme si par magie il allait les faire disparaître et les ôter à mon plaisir… j’ai rien dit, je l’ai juste laissée se faire à l’idée.
Tous les deux, on regardait Sael. Il hurlait à travers son bâillon, il la regardait fixement les yeux injectés et plein de larmes. C’était sa façon de la supplier.
On est restés comme ça tous les trois cinq bonnes minutes. C’est long cinq minutes. Puis elle a levé les yeux vers moi. Ca voulait dire qu’elle acceptait.
 
Alors je suis allé chercher un couteau. Je lui ai pris le poignet et l’ai placé dans sa main. Sans lui lâcher le poignet, pour éviter qu’elle ne tente un geste désespéré, j’ai soulevé le t-shirt de Sael dont la vessie venait de se vider sous l’effet de la peur.
Je me tenais derrière Jen et je lui ai murmuré : profite de cette expérience. J’ai avancé la lame vers le ventre de Sael, et à ma surprise c’est Jen qui enfoncé la lame dans la chair.
 
Une fois l’épiderme passé la lame a été comme aspirée par les entrailles. Puis un filet de sang a coulé le long du ventre. Tous trois étions absorbés par ce spectacle…chacun pour différentes raisons.
La mort de Victor avait quelque chose de propre, quasi clinique. Là c’était mon premier contact avec le sang d’un homme, sa peur. Il n’y a pas de mots pour décrire ce que j’ai éprouvé. Par trois fois on a rentré et sorti la lame. Lentement. Il n’y avait pas de folie dans ce que nous faisions. Nous vivions une expérience personnelle, intime, presque un voyage spirituel.
 
J’ai lâché le poignet de Jen, et me suis éloigné. Le visage de Sael devenait blanc, il ne criait plus. J’ai dit à Jen de mettre fin à ses souffrances. Je crois que Jen était en état de choc car son visage n’avait plus la moindre expression. Ses gestes étaient ceux d’un robot. Elle a juste planté le couteau dans la gorge de Sael et n’a même pas bronché quand le sang qui jaillit du cou lui a éclaboussé le visage. Le couteau lui a glissé des mains et elle est allée s’asseoir sur le matelas.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 5 commentaires - Recommander
Mercredi 6 juin 2007
Quand je suis rentré dans le garage, j’ai dit à Jen que je lui avais amené un nouveau copain. J’ai vu qu’elle devait avoir peur qu’il soit mort parce quelle s’est encore mise à pleurer. Décidément cette jeune fille est très émotive…je l’ai rassurée  en lui disant que je lui avais administré une bonne dose de somnifère et qu’il était vivant (c’est pas que je sois gentil, mais ça me saoule quand elle fait sa pisseuse à toujours chialer).
Le pistolet électrique c’est bien, mais il faut le combiner avec autre chose pour être tranquille plus longtemps (surtout avec un gaillard comme lui). Et puis les batteries se vident trop vite, c’est deux heures de charge derrière. J’ai attaché Sael sur une chaise avec de l’adhésif renforcé, nourri Jen et vidé ses excréments.
J’ai aménagé un peu la pièce pour garder Jen dans un état convenable. Je pensais pas la garder si longtemps, et j’ai besoin qu’elle ait un peu d’autonomie dans le cas où je peux pas passer de la journée. J’ai pas envie de faire comme avec ces vieux dont on est obligé de torcher le cul. Non, je pense pas que ce soit le meilleur moyen d’entretenir des bonnes relations avec Jen.
 
Donc j’ai fixé des anneaux au mur dans lesquels passe une chaîne que j’ai attachée à Jen. Sur le mur adjacent, j’ai mis un mousqueton de sorte à pouvoir ajuster la longueur en y accrochant un maillon, et même immobiliser la petite en tirant à fond sur le lien. Comme ça elle peut se nourrir elle-même, faire ses besoins dans une bassine et s’allonger sur le matelas tout ça sous maîtrise totale de ma part.
 
Elle est là depuis quelques jours maintenant et en quelque sorte elle s’est habituée à moi. Elle ne sanglote plus quand je rentre, ne cherche plus à me frapper quand je l’approche pour lui remettre son bâillon et me dit même merci quand je lui apporte de la bouffe. Il semble qu’elle apprécie ma présence qui doit rompre ses longues heures de solitude dans le noir. Je ne suis pas très surpris. J’ai entendu parler du syndrome de Stockholm où les otages finissent par éprouver de la sympathie pour leurs geôliers.
 
Je me suis adossé contre la porte du garage et Jen a noté ce changement d’attitude, m’accordant du regard toute son attention. C’est vrai qu’en général je ne m’attarde pas, j’entre je sors.
Je lui ai alors récité le monologue que j’avais mentalement répété. Je lui ai expliqué que toute personne dans sa vie se retrouve un jour face à un choix très difficile. Un choix qui modifie le cours de sa vie et sa façon d’envisager le monde. Je lui ai demandé à quel point elle avait envie de vivre. J’ai vu quelque chose dans ses yeux mais je ne sais pas si c’était de l’espoir ou de la terreur. En tous cas elle s’est remise à pleurer en me priant de ne pas lui faire de mal qu’elle ferait tout ce que je voudrais qu’elle ne dirait rien à personne si je la laissais partir. Je l’ai giflée et elle a cessé instantanément. Elle sait pourtant que ça ne sert à rien de faire ça. Je lui ai pris la tête entre mes mains. Et je lui ai parlé doucement pour qu’elle m’écoute attentivement. Je lui ai expliqué que je lui offrais une occasion unique de me prouver son attachement à la vie. Qu’après elle pourrait retrouver sa famille et ses amis. Mais que ce serait dur…très dur.
 
Elle m’a regardé et elle m’a répondu qu’elle ferait tout ce que je voudrais. Je me suis contenté de sourire et je suis parti.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 5 juin 2007
J’avais noté l’heure à laquelle on s’était croisé pour la première fois à la machine à café. Je me suis rendu compte qu’elle aussi : dès le lendemain on s’y est retrouvé. Julie, ma brune piquante a dû être intriguée par mon audace et ma nouvelle attitude parce que sa façon de me regarder a changé.
Les femmes savent instinctivement quels hommes il leur faut. Bien sûr il y a cette tendance à reproduire le schéma familial en particulier celui de la mère, ou au contraire faire l’opposé, mais il y a surtout notre héritage animal : quel mâle pourra me permettre de transmettre au mieux mon patrimoine génétique à ma progéniture ? Car il n’est que question de ça : conservation de l’espèce et procréation. Et ce genre de nanas ne demande que ça : un mâle dominant.
Quelques minutes après mon retour au bureau elle m’envoyait un mail avec simplement son numéro de portable, son adresse et « 22h chez moi »…Ca n’était clairement pas une invitation à dîner et ça me convenait très bien : j’avais le temps de repasser au garage.

J’ai trouvé Jen dans un état pitoyable : elle avait du passer pas mal de temps à pleurer car son visage était couvert de mascara qui avait coulé et elle avait de la morve séchée sur les lèvres. Je me suis moi-même fait le reproche d’avoir oublié certains détails pratiques : la pièce sentait la pisse. Quand j’ai ouvert la porte elle s’est tournée vivement dans ma direction et son regard était plein de terreur. Elle s’est remise à sangloter à travers son bâillon. Je lui ai promis de ne pas lui faire de mal si elle se taisait. Elle a été bien sage. Heureusement pour elle, car je n’avais vraiment pas envie d’être obligé de la frapper à nouveau. Je lui ai fait bouffer une boîte de cassoulet froid qu’elle avait du mal à avaler à travers ses sanglots. Quand elle a vu que je m’apprêtais à repartir elle m’a supplié de ne pas la laisser seule.
C’est drôle non ? 5 minutes avant elle mourrait d’effroi et là elle voulait que je reste avec elle…

Je me suis pointé chez Julie à l’heure convenue. Je m’étais pas trompé on n’était pas là pour manger. Le canapé lit de son studio était déplié, une bouteille de vin débouchée sur la table de l’unique pièce. La discussion qui a suivi n’a été qu’un prétexte et une mise en bouche pour la suite, une discussion pleine de sous-entendus. Puis on a baisé. Ouais, on n’a pas fait l’amour, on a baisé. La baise pour la baise, la réponse à un besoin primaire, celui de satisfaire nos corps.

Et pendant que je la baisais je pensais à Victor, je pensais à Jen et au sol souillé du garage, à ma mère qui devait regarder une émission débile à la télé. J’ai réalisé que je venais enfin de tirer un trait sur l’héritage de mon père : la faiblesse. La faiblesse d’un mari qui avait toujours fermé les yeux sur les infidélités de sa femme, la faiblesse d’un père qui avait préféré s’effacer au profit de son fils, la faiblesse d’un homme qui avait préféré se pendre en prison plutôt que d’assumer son choix.

Julie est venue se coller contre moi, le souffle court et le corps moite de nos ébats. La vie est en fait si simple, il suffit de se montrer fort et sans pitié.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 4 juin 2007
J’ai passé deux heures à chatter sur MSN avec Jen après l’envoi de mon premier mail il y a quelques jours. Je dois reconnaître qu’il est assez jouissif de manipuler les gens de la sorte. Je n’ai fait que la brancher sur des sujets sur lesquels j’étais certain de faire mouche et elle s’étonnait à peine que je puisse avoir exactement les mêmes goûts qu’elle…Naïve.
Naïve et peu méfiante. Mais maintenant elle a tout le loisir de réfléchir…hé hé. Parce que depuis hier elle est dans le garage que j’ai loué. Je me laisse le temps de trouver le meilleur moyen d’en finir avec elle. Après l’exposition elle a eu droit à son coup de pistolet électrique qui l’a mise dans les vapes un petit moment. Je l’ai amenée dans le box et ligotée comme il faut à la chaise. Surtout pour qu’elle ne passe pas son temps à remuer et gueuler.
J’ai l’impression d’être un chat qui joue avec une souris juste avant de lui briser la nuque. Je passe deux fois par jour pour lui donner à boire et à manger. Je ne lui adresse pas la parole, je n’allume pas la lumière. La première fois que je lui ai enlevé son bâillon elle a tenté de crier, mais la gifle qu’elle a prise lui a tout de suite fait comprendre que je ne plaisantais pas. Je pense que quelques jours comme ça devraient lui faire du « bien ». C’est dommage que ça tombe sur elle, je l’aime bien au fond. Mais les sentiments n’ont pas lieu d’être, ils ne sont que des obstacles. Dans son malheur, elle a quand même la chance de ne pas être tombée sur un violeur ou un mec qui aurait profité de la situation. Je ne suis pas un malade.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 7 commentaires - Recommander
Dimanche 3 juin 2007

Signe avant coureur que je commence à être infecté par le même virus que les blogueurs ? Chaque fois que je me connecte sur l’interface de mon blog, je ne peux m’empêcher de consulter les statistiques. Je ne peux pas réprimer une certaine satisfaction à voir le nombre de lecteurs augmenter. Mais d’où vient cette satisfaction ? Je me plais à croire que finalement je ne suis pas le seul à penser que les blogueurs sont des nuisibles, et que la fidélité de mes lecteurs silencieux est une preuve de soutien. Je n’ose pas croire que le virus Ego me gagne. Nan, nan, je ne cherche aucune reconnaissance. Ceci est juste un témoignage. Le récit d’un homme qui prend en main sa destinée et qui assume ses convictions.

Nan, nan. Je ne céderai pas aux sirènes de ce que le premier péquin prendrait pour de la popularité. Je sais que tous ces lecteurs ne sont que des zappeurs, des assoiffés de sensationnel, d’information fraîche qu’ils consomment en abondance sans considération de qualité. Des moustiques attirés par la lumière de la nouveauté : « Si on en parle c’est que c’est bien, alors j’y vais aussi. Wah, c’est bien ». Mais ils ne reviennent pas le lendemain.

 
Je continuerai pour moi, pour mes idées. La détermination a remplacé la colère. Je me sens plus fort que jamais.
 
 
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 31 mai 2007
 

J’ai passé la journée devant mon écran d’ordinateur en pilote automatique. Pendant qu’une partie de mon cerveau compilait des données, sortait des bilans financiers, l’autre élaborait des plans. Parce qu’il est clair que depuis que j’ai laissé le corps de Victor dans le bois je ne pense plus qu’à ça : recommencer. Tout s’est passé si vite que j’ai l’impression de ne pas avoir profité de ce moment. Trop concentré sur le bruit, sur le passage éventuel de témoins dans les parages que ça m’a un peu gâché mon plaisir. Ouais c’est passé trop vite. La prochaine fois je prendrai mon temps. Accomplir une mission ne signifie pas pour autant se priver d’un peu de plaisir non ?

 
 

J’observe tous les jours des changements dans ma vie. Hier j’étais transparent, aujourd’hui je tiens le monde dans mes mains. Savoir que l’on peut ôter la vie de quelqu’un, comme en claquant des doigts, vous donne tout de suite beaucoup plus d’assurance. Et moi je l’ai fait. Je ne crains plus personne. A commencer par mes collègues de bureau. Je me permets même de leur parler. A la machine à café, j’ai discuté avec une nana qui bosse à la comptabilité. Une brune piquante qui m’a toujours beaucoup « inspiré ». C’est elle qui m’a abordé en me disant : tiens t’as fait quelque chose à ton look ? Je lui ai répondu que ouais, je prenais un nouveau départ, et que si d’ailleurs elle voulait qu’on en parle un de ces quatre…Elle a juste dit : « on verra » sur le ton de celle qui dit pas non et elle est repartie bosser… un des mecs de mon service qui nous avait observés m’a demandé ce que j’avais fait du balai que j’avais dans le cul. « Je me suis dit que tu pourrais en avoir besoin pour jouer avec ton petit copain », ça c’est ce que je lui ai répondu. Il a pas su quoi répondre et je suis retourné à mon poste, assez content de moi.

 

J’ai retrouvé ma petite blonde à frange. J’en étais sûr. Le monde est petit comme on dit. Elle s’appelle Jen et blogue sous le nom de Little Girl. La petite fille va devoir grandir très vite car je lui réserve un traitement particulier. Et juste parce qu’elle a eu la mauvaise idée de bosser dans une boite qui héberge des blogs. Vu notre rencontre dans le métro, je pense que ça va être plus que facile de l’amener à moi. Un mail, un rappel de notre rencontre, une invitation pour une expo photo devraient suffire…allez, on va chasser sur MSN.

Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 31 mai 2007
J’ai dormi douze heures d’affilées. Sans un rêve. Je me suis réveillé dans une forme que j’ai jamais connue. Je perçois le monde d’une autre façon. J’ai l’impression que les couleurs sont plus vives, les sons plus nets, mes sens plus affutés. J’ai l’impression que le sang coule plus vite dans mes veines et que des idées fusent dans mon cerveau. J’ai l’impression d’être un nouvel homme. Je démarre une nouvelle vie. C’est un nouveau départ. J’ai pris ma douche, je me suis regardé dans la glace et j’ai eu l’impression de me voir pour la première fois. Ok, je change de vie, je change tout. Faut que je me paye un de ces costards que portent les merdeux de ma boîte je me suis dit. Un truc qui en jette. En attendant je suis allé au bureau sans cravate, sans le premier bouton, et je me suis coiffé avec les doigts plutôt qu’avec un peigne.
En sortant du bureau, j’ai pris le métro pour aller m’acheter un nouveau costume. Je me suis payé un Smalto noir coupe cintrée, la chemise assortie et une paire de richelieus dans la boutique d’à côté.

Au retour, je croise une fille dans le RER. Je suis pas sûr mais je crois que c’est une blogueuse. Putain je sais plus, j’ai lu tellement de blogs, suivi tellement de liens, vu tellement de FlickR que j’ai l’impression d’être entouré de blogueurs. Quoi qu’il en soit, j’ai fait un truc que j’aurais jamais fait avant. Je suis rentré dans la rame, elle était déjà là et se tenait à la barre. J’ai remarqué qu’elle me regardait, et je lui ai dit « salut » en la regardant bien dans les yeux. Elle m’a répondu en détournant la tête. Pas comme s’il elle essayait de mettre de la distance entre nous, mais plutôt comme si elle était gênée. Je sui sûr que j’ai déjà vu cette petite blonde avec sa frange. Faut que je me souvienne sur quel blog. L’occasion serait trop belle...
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 30 mai 2007
M’a fallu une douche brulante de trois-quarts d’heure pour que mes muscles se détendent un peu. Putain l’adrénaline. Une vraie claque. Ca m’a pris un petit moment pour que mes idées reviennent en place. Bon. Comment raconter  ça. Je passe toutes les politesses de notre rencontre. De toute façon rapidement on s’est mis à courir. L’a fallu un bon quart d’heure pour que je trouve la bonne occasion. Putain et heureusement que ça n’a pas duré plus longtemps, car courir avec des pompes qui font deux tailles au-dessus de ma pointure c’est la misère. Et puis ce connard n’arrêtait pas de parler, et moi comme je répondais j’avais des points de côté.
Bref, quand on est arrivé dans un endroit dégagé je l’ai laissé me dépasser. J’ai sorti de la poche de mon coupe-vent le pistolet électrique que j’ai acheté sur internet et je l’ai appuyé dans son dos. Il est tombé direct. J’en ai remis un coup pendant 2 secondes le temps qu’il perde connaissance et je l’ai traîné le plus rapidement possible hors du sentier dans le bois. J’imaginais pas que c’était aussi lourd un corps à traîner…je lui ai remis une petite décharge au cas où, histoire qu’il se tienne tranquille. Puis je me suis dépêché de lui faire une injection. 20cc de chlorure de potassium. C’est ce qu’ils utilisent pour les exécutions aux Etats-Unis Je voulais lui faire la piqûre sous la langue, pour les traces, mais sa mâchoire était crispée, alors j’ai fait ça dans l’artère fémorale vu qu’il était en short. J’ai attendu 3 minutes accroupi à côté de lui en attendant que ça fasse de l’effet et en guettant qu’il n’y ait pas de passage. Putain, les 3 minutes les plus longues de ma vie.
Le chlorure devait lui filer une crise cardiaque, mais j’avais pas prévu que le truc lui file aussi des convulsions. J’ai été obligé de lui vider la batterie du pistolet dessus à la fois pour qu’il ne bouge plus mais aussi parce qu’il faisait des gargouillis avec sa bouche. Je crois qu’il avalait sa langue et ça faisait un bordel pas possible. Je crois que s’il avait pas fermé sa gueule j’aurais du lui péter le crâne avec une pierre. J’ai mis mes gants pour vérifier son pouls et puis je me suis cassé en courant à travers le bois pour ressortir de l’autre côté.
Je suis arrivé à ma bagnole en sueur et j’ai gerbé. J’ai été obligé d’attendre 10 minutes au volant tellement je tremblais et que je sentais plus mes jambes. J’ai cru que mes tempes allaient exploser.
Je suis rentré et je me suis mis sous la douche. Mon cœur bat encore à 180 mais je me suis jamais senti aussi bien.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 29 mai 2007
C’est ce soir. :)
Victor me parait le premier candidat idéal à la réalisation de mon plan. Pourquoi lui ? La facilité, tout simplement.
Je voulais pas me foirer pour une première fois et il me semblait la victime idéale. Juste la vingtaine, pas très costaud, il fait la promotion du rose pour les hommes, alors je me suis dit que ça devait pas être un violent. J’aurais pu choisir une nana, c’est vrai, mais une nana aurait été trop méfiante pour le scénario que j’ai élaboré. J’aurais pu choisir un blogueur puant d’égocentrisme, ouais, mais faut bien se faire la main.
Trouver un moyen de l’approcher a pas été trop dur. Il a été un des premiers à répondre quand j’ai fait un mailing à plusieurs blogueurs pour leur proposer une interview sur France 5. Je n’ai plus eu qu’à prendre le temps de tout lire sur sa petite vie. M’a pas fallu longtemps pour découvrir qu’il faisait régulièrement son petit jogging dans le bois de Boulogne. Quand j’ai pris contact avec lui, on s’est, ô coïncidence, trouvé une passion commune pour la course à pied.

Je suis excité comme une pucelle de 13 ans qui va à sa première boum.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 28 mai 2007
Ne pas me faire gauler est rapidement devenu une obsession. Ne pas me faire gauler est LA condition pour mener à terme ce que j’ai en tête.
La première mesure que j’ai prise est de faire en sorte que ce blog ne puisse me porter préjudice. Je sais combien il est aujourd’hui facile de retrouver un utilisateur par l’adresse IP et par son e-mail. Aussi, même si c’est quelque fois contraignant, je préfère me rendre dans un cyber café, et en changer systématiquement. Je tape mon texte chez moi, dans un fichier texte, je le mets ensuite sur une clé USB. Ce qui me permet de ne pas rester plus de 5 minutes dans un cyber café.
Je me suis imposé également de toujours laisser une marge variable entre le moment où les faits se passent et le moment où je publie leur récit. Ca me parait le minimum à faire pour que ce blog ne compromette pas trop mes plans.

Pour le reste, je me prépare tranquillement. Je suis allé faire des emplettes en prévision de mes « rendez-vous ». Mes achats ont guidé par ce que m’a appris la télé. Vive la culture !
Baskets deux pointures au-dessus de la mienne rembourrées avec du coton, gants chirurgicaux, pantalon et veste K-Way (c’est facile à laver en cas d’éclaboussures et ça ne laisse pas de fibres textiles). Quelques produits chimiques standards : acide chlorhydrique, soude, chlorure de potassium et des produits ménagers. De la corde, du ruban adhésif, des bâches plastiques, des sacs. De quoi « bricoler » : une scie, des pinces, un set de couteaux de cuisine. Puis d’autres trucs qui pourront me servir.
En rentrant de chez ma mère hier, je suis allé louer un garage pour stocker mes petites affaires. Vu le quartier, personne viendra me faire chier. Un coin quasi abandonné en banlieue. Le côté pratique, c’est les deux ouvertures : une grande pour une voiture et par une porte classique pour rentrer discrètement. J’y ai balancé un vieux sommier tâché trouvé dans les encombrants de la rue voisine, et une vieille chaise. Par mesure de précaution j’ai rajouté une chaîne et un cadenas.
Je me suis fait un deuxième « chez moi ». Mais je reconnais que la déco et à chier héhé...

Je reproduis ce que j’ai vu sans savoir exactement ce que je vais faire mais bientôt tout ça sera bien réel. Ça me donne une montée d’adrénaline. Un mélange d’excitation et d’appréhension je pense…


Aujourd’hui je dois chronométrer combien de temps il y a entre chez moi et le garage. Puis je dois m’assurer que mon « nouvel ami » Victor sera bien au rendez vous demain soir.

J’adore tous ces préparatifs, j’ai l’impression d’être un gamin qui prépare une blague.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 25 mai 2007
C’est pas le fait que la bouffe ait été dégueu qui me dérange. Je m’attendais pas à ce qu’elle se mette en quatre pour moi. Ni l’impression d’étouffer dans son minuscule appartement, deux pièces et une seule fenêtre. Ce qui me dérange c’est son silence. 20 ans qu’elle ne m’adresse quasiment plus la parole. Bonjour t’as une sale mine rien de neuf j’ai été malade, la météo. Que des banalités. Une bise du bout des lèvres pour seul témoignage d’affection. Deux étrangers l’un en face de l’autre. Mais je continue à venir la voir. Et elle continue à me recevoir. On assume chacun notre rôle social, celui de mère et de fils. Elle m’a jamais battu, jamais engueulé, j’ai jamais manqué de rien. Mais de l’affection, jamais eu depuis que papa est en prison. J’aurais préféré qu’elle me casse la gueule toutes les semaines si en contrepartie elle avait pu me prendre dans ses bras.
On n’en a jamais parlé. J’ai jamais pu aborder le sujet, lui dire que c’était un accident, que j’ai pas voulu que papa prenne pour moi. Je voudrais pouvoir lui dire que j’avais juste voulu faire taire une gamine qui bavait sur ce que j’avais de plus cher : elle. Maintenant c’est comme ça, et ça changera pas.
De toute façon, même si on en parlait, le lien est rompu. On est comme ces voisins qui se croisent tous les jours, toute une vie, et qui s’ignorent parce que l’autre enfoiré a un mur qui bouffe de 50 cm sur son terrain, bordel mais non j’ai fait selon les plans de la mairie….

Voilà comment ça se passe toutes les semaines. Ca me fout toujours le cafard, je me sens comme une merde après.

Mais pas aujourd’hui. Parce je l’ai trouvé celui qui sera l’instrument de ma revanche sur la vie, celui qui aura l’honneur de donner sa vie pour servir ma cause.

Aujourd’hui tout va bien. En plus il fait beau dehors.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 24 mai 2007
« Combattez l’ennemi avec ses propres armes. Utilisez les éléments de son propre livre de référence pour l’attaquer. » 3ème Règle d’Alynski

ILS me donnent les armes qui les mèneront à leur perte. Le plus dur est de décider qui sera la proie. Une fois que le choix est fait, rechercher et traquer un blogueur est ce qu’il y a de plus simple au monde.
Sont-ils à ce point obnubilés par leur visibilité qu’ils puissent livrer des informations personnelles sur le net ? Oui. Et mon passe temps favori en ce moment c’est de faire des fiches sur les blogueurs pour trouver ma première proie.
Je commence par récupérer les informations disponibles sur son blog, nom, e-mail, société... C’est incroyable la quantité d’informations personnelles disponibles. Quand je pense que certains doivent être sur la liste rouge du téléphone…
Ensuite je me rends sur un site de social networking : Viadéo, LinkedIn, Ziki, Facebook et je rentre en relation avec eux. Je me suis créé un profil de journaliste. Expert en multimédia et High Tech que j’ai mis! Une fois dans le réseau, je récupère les informations qui me manquent : numéro de portable, adresse etc… un jeu d’enfant. Et plus le réseau s’agrandit et plus la tâche est aisée. J’ai l’impression d’être une araignée sur une toile qui grandit et qui voit les mouches se faire capturer, encore inconscientes de leur destinée. Puis je les observe, leur façon de parler, de s’habiller. Il suffit de naviguer à travers leur FlickR, chercher leur vidéos sur YouTube ou Dailymotion.

Internet c’est vraiment magnifique : il est aussi facile de se créer une deuxième identité que de disséquer la vie des gens.
Par 114117 - Ecrire un commentaire
Voir les 1 commentaires - Recommander

Avertissement

il y a 7 victimes potentielles sur ce blog

m'écrire // blog de l'auteur

16ans4.jpg

Ce blog est une fiction.
Sauf mention explicite,
les situations et personnages sont fictifs.

 

Abonnez-vous

rss.jpg

Buzzez

kill the bloggers
Recommandé par des Influenceurs

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Archives

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus